Un matin de Janvier, j’entendis des miaulements désespérés du côté de la maison de Mimi (voir article du précédent journal). Je regarde par la fenêtre de mon cellier à côté de ma cuisine, et que vois je ? Planté sur le toit de cette maison ; pour mieux s’adresser à moi ; un chaton rayé gris et noir, appelle à la gamelle ! Il est tout bizarre : un gros ventre et une petite tête avec des yeux suppliants et les oreilles basses… Et ma Mimi sur son balcon en signe de complicité !

La gamelle à croquettes est vide…Vite de la viande coupée aux ciseaux ; c’est le traitement d’urgence aux rescapés ! Je sors, avec l’assiette ; évidemment descendu il se met à 5 m de distance, tout en continuant son concert tonitruant…Je m’éloigne après avoir posé l’assiette et il se met à dévorer en continuant de grogner tout en mangeant comme si on allait la lui enlever. Je lui apporte un jaune d’œuf bio battu dans du lait bio, des croquettes Virbac de mes propres chats, deux pastilles de levure de bière ; une gamelle d’eau et le laisse à nouveau : c’est un ventre sans fond : il dévore encore tout ! Pas étonnant que tu aies un ventre comme un ballon de rugby ! Lui dis-je. Mimi le laisse manger sans s’approcher de lui. Mais on dirait qu’ils se connaissent car elle observe tout en parfaite connivence. J’ai bien l’impression que c’est une chatte car lorsqu’il est de dos, je ne vois pas de coucougnettes ! Je parle d’elle à tout le monde pour une future adoption…

Je renouvelle le soir, car vers 18h elle est déjà au rendez-vous ; puis de jour en jour elle s’approche un peu mieux : Mais où peut-elle habiter puisqu’elle n’est pas dans la maison de Mimi, j’ai vérifié à plusieurs reprise…Et je la découvre sous une palette dans le vide sanitaire ou la température est plus clémente, il y fait presque doux. Pourquoi sous la palette : Pompon un gros chat entier rayé gris et beige y a élu domicile depuis 1 an, et en a chassé tous les autres d’où mes constructions de maisons pour chattes. Cette petite rayée est d’ailleurs peut-être sa fille ! La petite a tellement peur du grand qu’elle ne sort bientôt plus de dessous la palette et inquiète de ne plus le voir au rendez-vous, je vais dans le vide sanitaire ou c’est là que je l’entends miauler : le grand a dû la prendre en chasse et depuis la petite campe dessous malgré le beau soleil qu’il y a dehors. Je suis obligée de laisser les assiettes sous la palette. Je décide donc de capturer Pompon pour aller le faire castrer : il me faut une cage que je vais emprunter à l’association de St Ambroix : Après avoir nourri la chatonne, j’installe la cage vers 23h : j’y mets des sardines, du thon, de la viande et du petit suisse de façon que ce soit irrésistible ; je vérifie le système et je reviens le lendemain matin dès 7h ; car Pompon est un galant et ne rentre que très tard ou au petit matin !

En descendant une image m’apparaît ; celle de la chatonne : et c’est bien ça ; c’est elle qui est dans la cage au lieu de Pompon, lorsque je soulève la couverture ! Pressentiment exact ! Ou transmission de pensée ! Sa voracité l’a trahie ! Elle saute tout poil dressé : je mets le panier de transport avec tapis douillet, ou elle s’empresse de rentrer pour échapper à sa prison diabolique : il est vrai que le système fait un bruit d’enfer lorsqu’il se referme sur l’animal. Tous les barreaux métalliques résonnent de la chute de la herse.

Direction immédiate vétérinaire, et lorsque je la récupère en début d’après-midi ;on m’explique que c’est un mâle qui doit avoir environ 6 mois, qu’il avait un testicule à l’intérieur et qu’il a dû subir une opération ; comme je l’avais demandé, il a été  tatoué, vacciné , vermifugé, application pipette contre les puces , testé :il n’a aucune maladie ;je l’emmène donc chez moi ; où pour le séparer de mon abyssine ; je n’ai plus qu’une ressource ;sur les deux WC je  choisis le plus grand avec meuble lavabo ;entièrement carrelé(plus facile pour tout désinfecter par la suite)ou j’installe litière, jouets ,eau bonnes croquettes et viande ou poisson légumes, le soir potage,. Il mange absolument tout comme s’il avait crevé la faim ! Il a toujours peur et lorsque je rentre et enfile les pantoufles que je lui laisse pour qu’il me connaisse, il va se cacher soit dans la litière, soit dans le cocon couette que je lui ai fait dans une corbeille s’il n’y a pas monté dessus pour l’affaisser…On n’entends plus aucun son, à part ma chatte en chaleur !

Pourtant chaque matin et chaque soir, et midi, je le prends sur mes genoux, en m’assoyant sur l’abattant ; je caresse et le brosse en lui chantant des comptines, comme pour mes chats ; mais que son poil est doux ! Je l’appelle « Doudou » alors qu’il a été enregistré à Eliot ; je l’amuse avec une ficelle et une souris, mais il est réticent et préfère repartir dans sa cache dès qu’il peut ! Pas facile d’apprivoiser un chat sauvage ! Je fais la remarque à mon mari qu’il ne doit pas savoir ce qu’est jouer, tellement il a dû lutter pour subsister et rester en vie. Alors je vais chercher une balle de Ping Pong, et la lui amène en la faisant sauter et rebondir ! Toute une partie de la nuit, on l’a entendue de notre chambre contigüe ! Et on en était contents ! Enfin au bout de 15 jours, il a fallu le relâcher ; sa cicatrisation était terminée, il s’est laissé enlever son sparadrap à l’aide d’éther sans odeur, qu’ils disent mais ça puait deux fois pire mais autre chose ! Lorsqu’arrivée devant la maison je le libère : il part comme une flèche et tristement je me dis qu’il ne reviendra plus…

Eh bien non ; il a bien compris que la maison était bonne ! Seulement une chose vitale lui manquait lorsqu’enfermé : les insectes. Et maintenant c’est un chat de maison toujours aussi doux, inséparable de Mimi ; Il a minci en perdant les vers qui lui gonflaient son ventre, s’est considérablement allongé et savez-vous que c’est un chat de race ! En le voyant sauter après les insectes complètement différent des autres chats qui ramènent mulots et oiseaux ,j’ai cherché dans mon livre et je l’ai reconnu avec ses rayures particulières dans les deux sens comme s’il avait un petit paletot ;ses  hautes pattes qui le font sauter aussi haut que les bambous après les papillons qu’il mange ; ses pattes arrières plus hautes : c’est un Sokoke, race remarquable sur bien des points, qui vient de la forêt du Kenya, véritable guépard miniature, sans porter un quelconque intérêt aux oiseaux et aux nids, mais voraces et redoutables chasseurs d’insectes.. D’où son coup de foudre pour la balle de Ping Pong qui est légère et vole comme un insecte !

Il a peu sinon pas du tout de sous poil ; adore l’eau ; combien de fois je l’ai séché avec une serviette car il éternuait, après s’être baigné dans l’herbe mouillée après un orage printanier ! Et petit, on n’est pas en Afrique ici, je vais te rentrer l’hiver ! Quant à Pompon, il est plus malin qu’un singe : on, n’a jamais pu l’attraper même avec des cachets de Calmiv et dissimulés dans la viande ! Doudou garde le mystère de ses origines…En tout cas les bêtes ont un pouvoir inexpliqué : voilà 2 chats au passé mystérieux qui sont venus à moi ! Est-ce mon Olympe, enterrée sous un mimosa, qui me les envoie…Ils arrivent tous par là…

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